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[les débats que nous proposons ne constituent pas l'ensemble de notre contenu; nous publions toute contribution originale susceptible d'enrichir l'articulation psychanalyse-sciences et/ou d'apporter un ancrage scientifique - par une perspective qualitative et/ou quantitative - à la psychanalyse]

HLGBTIQAP+

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Manuscrits: fin mai 2020

 

 

La nature aime le mélange des genres; elle ne pratique la fixité que sous forme de fossile. À propos de l’orientation sexuelle, il semble qu’un siècle sépare deux écrits pourtant contemporains. D’une part la psychanalyste Sylvie Sensé-Léger affirme dans l’article Transsexualisme (Encyclopédie Universelle, 2020) : « Les progrès incessants de la médecine permettant la transformation corporelle et la diffusion par les médias de témoignages de sujets opérés qui ont obtenu leur changement d'état civil ne doivent pas faire croire que le transsexualisme est seulement un phénomène de société et d'époque. Il s'agit d'un trouble profond de la personnalité et de l’identité sexuée qui relève de la psychiatrie et de la psychanalyse ». D’autre part le philosophe Paul B. Preciado écrit dans son dernier ouvrage, Un Appartement sur Uranus : « Je ne suis pas un homme, je ne suis pas une femme, je ne suis pas hétérosexuel, je ne suis pas homosexuel, je ne suis pas bisexuel. Je suis un dissident du système genre-genre. Je suis la multiplicité du cosmos enfermé dans un régime politique et épistémologique binaire et je crie devant vous. Je suis un uraniste confiné dans les limites du capitalisme technico-scientifique ».  L’uranisme, évocation de la déesse Vénus Urania, est un mot inventé par le journaliste Karl-Heinrich Ulrichs pour évoquer cet aspect de la réalité humaine que le socius, progressivement, accepte : « Une âme de femme dans un corps d'homme ».

 

HLGBTIQAP+ est un sigle qui englobe généralement la communauté constituée de “minorités” sexuelles: Lesbienne, Gay, Bisexuel, Transgender, Intersexuel, Queer/Questionning, Asexuel, Pansexuel/Polysexuel, etc. Nous avons souhaité y inclure l'hétérosexualité et le discours critique à propos de la normativité hétérosexuelle, aboutissant à une hétérosexualité forcée, codée, laissant peu de place au polymorphisme incodable constatée au sein même de cette orientation sexuelle.

 

Abordant la question HLGBTIQAP+, serions-nous d’emblée sollicités comme s’il s’agissait de choisir entre hasard et nécessité (Monod, 1970), liberté et destin, essentialisme et existentialisme, naturalisme et culturalisme, moi et sujet ? L’identité de genre, entre autres variables, apparaît liée au sens de la vie individuelle et à l’image de soi. Elle serait, à l’adolescence, le résultat d’un développement qui a subi cinq sortes d’influences : génétique, hormonale, anatomique, psychologique, socio-culturelle. L’identité sexuelle vit et se transforme au gré de ces divers courants changeant selon les lieux et les périodes de vie. La réflexion sur la réalité polymorphe que dévoile l'ensemble HLGBTIQAP+ peut-elle nous servir de guide pour la compréhension d’un polymorphisme psycho-sexuel qui va largement au-delà de la bisexualité psychique freudienne selon laquelle tout humain aurait des dispositions sexuelles à la fois masculines et féminines?

 

Notre approfondissement doit être jalonné de plusieurs composantes indissociables de la sexualité: génétique, hormonale, anatomique, psychologique, sociale et historique. Pour ce qui est de la génétique, notons, à ce stade, que l’expression des gènes, la science l’affirme aujourd’hui, peut être activée ou inhibée par certaines modifications chimiques induites par l’environnement en fonction du contexte hormonal (stress/sécurité) par des méthylations de l’ADN et des modifications des histones. Ce qui nous rapproche des observations de John Bowlby à propos de l’attachement plus ou moins sécure. Ces marquages épigénétiques influencent-ils le développement individuel à propos de l’identité sexuelle ? La dioxine et les pesticides, de plus en plus répandus dans notre environnement, modifient-ils, en interactions avec tous les autres facteurs, l’expression de la sexualité?

 

Pour ce qui est du sexe hormonal, l’embryologie enseigne que chez les mammifères l’embryon est d’abord féminin avant qu’au cours de la gestation il ne devienne, éventuellement, fœtus masculin du fait de l’expression hormonale sous dépendance génétique. La configuration hormonale a-t-elle une influence sur le développement du cerveau ? Pour Edward Dutton et Richard Lynn les perturbateurs endocriniens sont maintenant incriminés dans certains troubles neurodéveloppementaux. Dans ce domaine, comme partout ailleurs, de nombreuses expériences semblent être influencées par les options culturelles de l’expérimentateur et il reste difficile de faire la part des choses à propos de l’effet sur la plasticité neuronale, dont dépend la plasticité identitaire, de la génétique, de la configuration hormonale et de l’environnement. Nous voici contraints d’opter entre deux visions contraires que la science est impuissante à départager : celle de Jacques Balthazart, neuroendocrinologue, pour qui l’homosexualité est directement liée à une imprégnation hormonale fœtale « On naît homosexuel, on ne choisit pas de l’être », et celle de Catherine Vidal, neurobiologiste, qui réfute toute différence entre cerveau masculin et féminin et parle de « neurosexisme ».

 

Concernant le sexe anatomique, il est généralement déterminé par le caryotype, XX ou XY, bien que des variations existent. C’est à l’échographie ou à la maternité que la catégorisation sexuelle anatomique est assénée. Nous savons actuellement qu’il peut entrer en conflit avec le sexe psychologique et le sexe social. Au cours du développement individuel, l’identité sexuelle psychologique advient, selon les théories freudiennes, avant l’identité de genre. Il s’agit d’abord du sentiment d’appartenance de soi à un sexe somatique. Elle est une des composantes de la constitution du soi, puis du moi, qui se construisent progressivement par la traversée de différents stades (Freud, 1905, les stades de la libido, puis, 1914-1930, de la relation d’objet), de périodes (Mélanie Klein, 1930, les périodes de la relation d’objet archaïque). Au décours de ces traversées, une première configuration identitaire apparaît au décours et au déclin de l’œdipe par identifications aux parents. Ces différentes strates identificatoires composent une sorte de mosaïque d’emprunts identitaires aux deux modèles parentaux et aux stéréotypes courants qui, déjà, peuvent générer des tensions dans la mesure où certains éléments peuvent s’opposer. Cette première configuration reste quiescente quelque temps, parfois discrètement expressive, avant d’être remise en cause par la puberté. La poussée pulsionnelle adolescente désorganiserait ce premier montage identitaire tandis que de nouvelles identifications, extra-parentales, vont prendre le relais, ce qui complexifie la mosaïque identitaire. La survenue des fonctions génitales de reproduction accentuerait un sentiment d’urgence de redéfinition. La bisexualité psychique chère à Freud ferait que les emprunts identitaires nouveaux, mêlés aux anciens, généreraient une toute nouvelle reconfiguration du sentiment de continuité de soi. Les modèles parentaux seraient mis à distance tandis que les stéréotypes pourraient ne plus être perçus comme fatalité inductive, mais comme option à confirmer. Un désaccordage, initialement douloureux, peut advenir entre sexe anatomique et sexe psychologique. Un considérable effort adaptatif, encore plus déstabilisant, est alors exigé pour fixer et affirmer un nouveau sentiment de soi et prendre éventuellement la voie du coming out et de la transformation. Mais faut-il s'adapter au corps, à la société et à ses stéréotypes ou au deux?

 

Pour ce qui est du sexe social, il connaît, historiquement et selon les cultures, diverses manifestations impliquant divers niveaux de tolérance. Plus récemment, le courant féministe et les études genres lui donnent une nouvelle orientation, en mettant l’accent notamment sur la domination du mâle blanc qui impose une loi économique, sociale, culturelle et scientifique. Dans les années 90, Judith Butler élargit la question du genre à celle de l’identité sexuelle avec la théorie Queer : toute catégorisation identitaire est remise en cause, surtout la bipolarisation homme/femme. Le queer s’intéresse premièrement aux gays, lesbiennes, transsexuels, intersexes, … Secondairement - et c'est le point nodal de notre discussion - au-delà de ces catégorisations, les théories queer proposent un discours critique sur la binarité sexuelle homme-femme en tant que régime politique d'oppression semblable aux discours racistes. En cela, ce terme relativement nouveau qui connote étymologiquement une traversée des frontières mais qui ne réfère à rien en particulier, laisse la question de ses dénotations ouverte à la contestation et à la révision. 

 

Dans le cadre de son constructivisme radical, le genre, mais aussi le sexe sont des constructions sociales. Cette perspective dénonce la violence des normes sociales, en particulier la pathologisation du transsexualisme par le DSM IV. Le sexe biologique lui-même commence à être vu comme produit d’une construction sociale héritée d’une biologie sexiste. Sexe et genre ne sont pas des données stables mais des processus où interfèrent physiologie et environnement. 

 

Le courant gay contribue largement à la réflexion sur l’homosexualité et à l’intégration sociale d’une orientation universelle. La loi française s’ajustera une fois encore avec le PACS (1999) et le mariage homosexuel (2013). La tolérance pour l’homosexualité, devenue une manière de vivre sa sexualité pour une majorité de Français, se heurte néanmoins à des foyers homophobes. La loi du 27 mai 2008, qui définit la discrimination comme une inégalité de traitement, atteste que l'identité de genre et l'orientation sexuelle font partie des critères de discrimination, comme le sexe, l'âge, le handicap, l'apparence physique ou encore les opinions politiques et religieuses. Entre Stonewall et cette loi, un véritable basculement sociétal s’est opéré sur ce sujet LGBT. 

 

En 1920, Freud affirme une fois de plus combien l’hétérosexualité est une pratique autolimitée : « Il faut se dire que la sexualité normale, elle aussi, repose sur une restriction du choix d’objet ». Si, sous l’influence d’Ernest Jones, le mouvement psychanalytique oublia cette idée d’une hétérosexualité exclusive conditionnée par l’éducation, des femmes analystes réagirent contre sa vision erronée de la sexualité féminine. Ainsi Helen Deutch et Karen Horney, aux USA, se sont opposées dès les années 40 sur ce thème aux conceptions freudiennes, et en France Lise Irigaray et Julia Kristeva. Elles dénoncent aussi la domination masculine des sociétés de psychanalyse.

 

En France également, Colette Chiland a étudié deux cents cas de transformation sexuelle. Elle évoque dans son ouvrage la souffrance de ces personnes en désaccord avec leur sexe anatomique qui souhaitent une intervention chirurgicale et un traitement hormonal. Il s’agit d’un long parcours depuis l’acceptation des techniques chirurgicales, la révision légale, les papiers d’identité, l’intégration sociale, la vie de couple, l’accompagnement psychologique, le suivi médical. Elle décrit le dégoût des organes génitaux, du pénis chez l’homme, des seins chez la femme. Pour ces personnes, seule la transformation de leur corps peut apporter un soulagement. Elles s’appliquent à adapter leur comportement aux stéréotypes correspondant à leur identité psychologique. Pour elle qui est psychanalyste, une origine psychique est possible en lien avec des traumatismes et des difficultés identificatoires précoces. Son ouvrage Changer de sexe: illusion et réalité (Odile Jacob,) suscite un vif débat au sein de la communauté LGBT qui dénonce les propos choquants et stéréotypés de l'auteure, ainsi que son aversion vis-à-vis de patient/e/s qui lui ont confié leurs difficultés (lire le propos d'Hélène Hazéra dans Libération). Des militants de l'association Act Up Paris distribuent des tracts avec sa photo et la mention "le visage de la haine".

 

En 1978, Virginia Prince crée l’expression « transgenre » pour désigner les personnes qui ont changé de genre sans intervention chirurgicale. En 1991, Sandy Stone incite les médecins à ne pas se soumettre à la psychiatrisation normative des trans. En 1992, Leslie Feinberg étend le terme transgenre à l’ensemble des trans, qu’il y ait eu ou non modification corporelle. En 2000, en France, l’association OUTrans condamne l’approche médicale de Stoller à la recherche d’une identité trans et a comme objectif d’accueillir « tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans le système de genre binaire ». En novembre 2006, à Jogyakarta, en Indonésie, une commission internationale de juristes agissant dans le cadre de l’ONU érige une charte d’application du droit international des droits de l'homme en matière d’orientation sexuelle et d’identité de genre pour la protection et pour l'interdiction absolue de la discrimination contre les personnes LGBT et intersexués. 54 états membres sur 193 l’ont ratifié.

 

Les connaissances d’autres cultures et sociétés proposées par les anthropologues apportent des éléments qui pourraient apparaitre comme déstabilisants pour notre traditionnelle binarité des sexes. Les vierges jurées (Albanie), les Hijra (Inde), les Berdaches (Indiens, Etats Unis) ou les Mahu (Polynésie) ne sont que quelques exemples d’un « troisième sexe » adressé comme tel par les cultures du monde (Desy, 1978 ; Young, 2001 ; Saladin d’Anglure, 2006). Contrairement à la vision européenne, ces personnes ne sont pas considérées comme incarnant une anomalie psychologique ou fonctionnelle mais remplissant bien un rôle important dans l’ordre social: guerriers, chamanes, devins, sorciers, prostitués. De même, l’homosexualité peut revêtir (e.g . en Papoue Nouvelle Guinée) des formes institutionnalisées fortement imbriquées à d’autres déterminants tels l’âge et le statut (Godelier, 2001a). Cette leçon des mondes d’ailleurs nous rappelle, dans le sillage de Freud, que l’assignation à un sexe et la sexualité sont/deviennent surtout des ingrédients (et pas toujours les plus importants) des rapports de pouvoir…

 

Pour réinterroger ces problématiques très complexes dans une perspective à la fois psychanalytique et transdisciplinaire, In Analysis souhaite ouvrir le débat sur la nature plurisexuelle du psychisme, en questionnant trois principaux axes. Le premier, comme indiqué plus haut, concerne l’[in]actualité de la doctrine freudienne d’une bisexualité psychique. Le second souhaite mobiliser des perspectives extrapsychanalytiques potentiellement fécondes pour le champ de la psychanalyse: études genres, psychosociologie, anthropologie, médecine, etc. Le troisième s’intéresse à la clinique contemporaine du sujet trans- (transgenre, transsexuel) et à la manière dont la psychanalyse traite le passage d’un genre à un autre, mais aussi et surtout sa position dans le cadre du processus de réassignation sexuelle. Plus précisément, à partir de quelles données et de quand sait-on que l’on peut passer à l’acte chirurgical, que la personne a fait un travail psychologique suffisant et que l’intervention sera bénéfique pour son évolution biopsychosociale? La psychanalyse/psychothérapie dispose-t-elle d’un cadre théorique adapté pour remanier cette identité ou cette dernière est-elle inscrite dans des composants génétiques et/ou dans des zones psychiques primaires inaccessibles à la symbolisation (mais laquelle?), du niveau de l’empreinte précoce définitive, pour qu’un remaniement (selon quels critères?) soit encore possible? Comment la psychopathologie est-elle intégrée à ces problématiques et quels sont les risques d’une pathologisation des problématiques trans-?

 

La psychanalyse devrait-elle partir du postulat d’une queer-sexualité psychique (au sens des queer theories) plutôt que d’une bisexualité psychique?

 

 

BIBLIO

WPATH (The World Professional Association for Transgender Health), Standards de soins pour la santé des personnes transsexuelles, transgenre et de genre non-conforme. 

Freud, S. 1905. Trois essais sur la théorie sexuelle.

Freud, S. 1920. Psychogenèse d’un cas d’homosexualité féminine.

Chiland, C. 1997. Changer de sexe. Odile Jacob.

Stone, S. 1991. Manifeste transsexuel.

Feinberg, L. 1992. Transgender liberation. 

Boulanger. J. 2018. Du temps du rêve au rêve du temps. Interview de Michel Lorblanchet. In Analysis. 2018/3.

Davis-Kimball, J. Warrior women. An archeologist’s search for history’s hidden heroines. 2002.

Jung, C.G. Les racines de la conscience, 1954. 

Balthazart, J. 2010. Biologie de l’homosexualité. Mardaga.

Dutton, E. Lynn, R. 2016. Revue Intelligence, juin 2016.

Desy Pierrette Paule, 1978. “L'homme-femme. (Les berdaches en Amérique du Nord)”. In  Libre — politique, anthropologie, philosophie. Paris, Payot no 78-3, pp. 57-102. [en ligne à l’adresse http://classiques.uqac.ca/contemporains/desy_pierrette/homme_femme_berdache/homme_femme_berdache.doc ]

Godelier Maurice, 2001a.  “Pratiques sexuelles et ordre social - De l’acte sexuel comme rapport de forces et de pouvoir”, La Recherche, hors-série No 6, novembre 2001, pp. 98-102.

Godelier Maurice, 2001b. “La sexualité est toujours autre chose qu’elle-même”, Esprit (3-4), mars-avril 2001, p. 102-103, (numéro spécial, L’un et l’autre sexe).

Herault Laurence, 2004 « Constituer des hommes et des femmes : la procédure de transsexualisation » in Terrain nr 42: 95-108.

Kraus Cynthia, 2001. « La bicatégorisation par sexe à l’épreuve de la science, in Delphine Gardey et Ilana Löwy (sous la dir.), L’invention du naturel, pp. 186-213.

Preciado, P. B. (2019). Un appartement sur Uranus. Paris: Grasset. 

 

 

 

CRISES ENVIRONNE_

MENTALES

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Manuscrits: fin septembre 2020

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour beaucoup, nous vivons une répétition de crises fondamentales inhérentes à la vie et à la nature humaine. Pour d’autres, nous vivons dans un environnement sans précédent générant des crises qui s’agglomèrent; il s’agit de crises climatiques, politiques, sociales, culturelles, etc. sur fond de modifications majeures de notre environnement en raison de pollutions, d’invasions numériques et visuelles, de fake news, de manipulations algorithmiques échappant à la logique classique d’élaboration des ordres du monde. 

Pour ce qui concerne le climat, une abondante littérature scientifique documente l’état d’une planète dont la biomasse est constituée pour environ 0.01% par des humains; cette masse vivante non significative semble être à l’origine d’une chaîne de destruction globale de la biomasse. Une longue série de rapports scientifiques décrivent un environnement chargé de phénomènes de plus en plus inquiétants et à caractère anthropocène: vitesse d’élévation du CO2 (plus rapide durant le siècle passé que pendant les 20'000 années précédentes), fonte de la banquise de l’Arctique, des glaciers et du permafrost d’Alaska et de Sibérie, élévation des températures globales, augmentation importante de l’activité cyclonique tropicale et des événements météorologiques extrêmes, espèces vivantes condamnées à disparaître, acidification des océans, pénurie d’eau, accumulation de déchets, augmentation des consommations d'année en année (voir l'exemple de l'aviation). Parmi les conséquences pour les populations notons la malnutrition, les maladies, la pauvreté, l'insécurité, etc. Le feedback positif semble représenter le pronostic le plus inquiétant de ce tableau déprimant : le réchauffement climatique s’accélère par lui-même en raison des dysfonctionnements qui s’additionnent en en produisant d’autres toujours plus importants.

La psychanalyse est prioritairement invitée à sortir de son silence et de sa neutralité pour fournir des éléments de réponse et de traitement. Il s'agirait, dans cette perspective, de trois principales pistes de travail :

  1. Analyser la crise climatique comme expression d’une configuration œdipienne ou pré-œdipienne dont les éléments infantiles et les angoisses précoces non élaborés entraînent une destruction de son propre environnement (Searles, 1972; Magnenat, 2019). Et, conjointement, envisager les préoccupations individuelles pour des catastrophes comme projection d'un état catastrophique interne non résolu.

  2. Comprendre la même crise comme effet d’un environnement qui sature l’individu d’informations et d’incitations au passage à l’acte.

  3. Questionner ce contexte à l’intersection des deux pistes qui précèdent pour proposer une voie hybride, émergeant d’éléments pré-œdipiens, œdipiens et post-œdipiens (Poenaru, 2019). Il s'agirait, dans cette perspective, plus d'une co-modification permanente  de l'interne et de l'externe (Poenaru, sous presse) débutant dans les années précoces et se poursuivant dans un présent qui ne cesse de bousculer les ordres pré-établis (culturels, sociaux, économiques, etc.).

 

Bien avant nous, en 1972, Harold F. Searles publie Unconscious process in relation to the environmental crisis (Les processus inconscients en jeu dans la crise environnementale). Il suggère à cette occasion que les psychanalystes craignent, en s’intéressant à l’environnement et au climat, d’être qualifiés de dépressifs psychotiques ou de schizophréniques paranoïdes. L’environnement réveille, dans la perspective de Searles, des angoisses précoces caractéristiques des différentes étapes de l’histoire individuelle du développement du Moi. Les défenses activées seraient en rapport avec :

            1. la problématique œdipienne et les niveaux phalliques du développement           psychosexuel ;

            2. la position dépressive (Mélanie Klein) ;

            3. la position paranoïde (Mélanie Klein).

Vue sous cet angle ambigu, l’angoisse climatique n’est aucunement relative à un environnement destructeur; elle est uniquement l’effet d’une reprise de vécus individuels précoces qui viennent se confronter à des objets externes en danger selon une dynamique pulsionnelle. « Au plus profond de nous, la globalisation indifférenciée de cette menace évoque l’immobilité pétrifiée de l’enfant chroniquement menacé de violence par ses parents (équivalents à des entités vagues et déifiées telles que la bombe à hydrogène ou le complexe-militaro industriel, d’une puissance effarante) » (Searles, In Magnenat, 2019, p. 86). Ainsi, on culpabilise l'individu et sa mémoire comme, il y a peu de temps en arrière, on culpabilisait les mères d'autistes d'avoir été insuffisamment bonnes.

Un véritable désert théorique se déploient après la publication de Searles, notamment dans la francophonie. La crise actuelle réunit récemment des psychanalystes suisses et des invités de diverses disciplines pour un travail collectif intitulé La crise environnementale sur le divan (In Press, 2019). Luc Magnenat, initiateur du projet, nomme la résistance qui entoure une démarche qui nous confronte « à ce qui nous angoisse le plus et dont nous ne voulons rien savoir : notre enfermement dans un fonctionnement inconscient qui nous dirige à notre insu, ainsi que notre détresse de nous découvrir enfermés dans un environnement qui se détériore en conséquence de notre propre activité" (p. 24). Cette réflexion collective, en apportant une multitude de réponses issues des théorisations psychanalytiques classiques, échoue à prendre en considération la troisième voie qui nous intéresse: la bidirectionnalité des facteurs et des effets internes (précoces) et externes. Tout en nommant un ensemble de facteurs externes, l’ouvrage ne fait qu’appliquer des mythologies psychanalytiques à un environnement sans précédent qui, certes, nous angoisse selon nos lignes de défense et, parallèlement, entraine des co-modifications qui ne répondent pas toujours aux constructions théoriques prélables. Voire même, comme en politique, croire que l'évolution tient au débat public uniquement (hors manipulations algorithmiques sur le modèle de Cambridge Analytica), nous met dans une position inadaptée à la réalité du contexte et induit un retard dans la compréhension.

De notre point de vue, les angoisses pré-œdipiennes et œdipiennes bien connues présentent le risque d’être obsolètes et ne suffisent pas pour expliquer les nouvelles crises en lien avec l’environnement. L’American Psychological Association (APA, 2017) publie un rapport détaillant les effets des changements climatiques: stress, stress post-traumatique, dépression, anxiété, abus de substance, troubles du sommeil, suppression immunitaire, troubles digestifs, etc. Il est difficile d’affirmer que les évolutions épidémiologiques sont dues uniquement à des réactivations d’angoisses précoces.

Comment travailler, collectivement, mais aussi individuellement dans les cures, ce refus de considérer le déterminisme de nos conduites par les processus inconscients à l’heure où l’on sait combien nous sommes vulnérables au pilotage de nos appétits de consommation par l’intelligence artificielle (voir notre numéro 2/2019 Inconscient digital) ? Que faire en clinique du lien entre réalité externe et réalité interne ? L’état de mélancolie hypomane de la planète met-elle la jeunesse en état de choc et rend-il le futur inimaginable ? Les jeunes vivent-ils un sentiment de trahison de la part des parents induisant une rupture de la chaîne des générations ? Y a-t-il une confusion transgénérationnelle (des enfants plus lucides que leurs aînés) ? La crise climatique et les angoisses archaïques qu’elle véhicule vont-t-elles faire régresser loin la culture et pousser au crime de haine agi contre tout autre différent (xénophobie, homophobie, féminicide, identification au leader, haine de la démocratie, etc.) ?

La psychanalyse dispose déjà d'un ensemble d'outils théoriques incontournables permettant une compréhension du rapport pulsionnel à l'environnement: suffisamment bon ou générant une crainte de l'effondrement (Winnicott), la négation (Freud), l'échec de la pulsion K (Knowledge) de Bion, le travail du négatif et la destructivité (Green), etc. Ces outils nécessitent toutefois une adaptation aux données contemporaines de l'environnement du sujet.

Au-delà du champ strictement psychanalytique, de quelle manière d'autres scientifiques traitent-ils de l'articulation de la crise environnementale avec le sujet et de quelles manières peuvent-ils éclairer les psychanalystes? Quels effets les scientifiques ont-ils observés ? Quels outils de compréhension peut-on apporter dans cette articulation ? Comment cette crise peut-elle être qualifiée d'apocalyptique ? Comment s'est-elle manifesté au fil de l'histoire et à travers les cultures? Rappelons qu'à l'époque du Moyen-Âge où la peste profilait, la population pensait assister à la fin de l'humanité, et que les Maya ont déterminé la fin du monde pour le 21 décembre 2012. Comment ces crises ont-elles été traitées ? Quelle est la place de la crise environnementale à l'heure actuelle et quelles solutions peut-on trouver pour répondre aux mouvements observés ?

Nous invitons la communauté psychanalytique et scientifique à une réflexion pluridimensionnelle, pluridisciplinaire et pluridirectionnelle sur les effets inconscients des crises environnementales à l’intersection de facteurs internes et externes. Nous défendons donc la thèse centrale d'une co-modification permanente et accélérée du pulsionnel et de l'environnement, dont les particularités et les dynamiques restent à définir. Plusieurs autres questions nous préoccupent. Comment aborder la destructivité climatique en séance sans s’exposer à une rupture thérapeutique? La psychanalyse est-elle impuissante face à la crise? Comment le nouvel environnement excite des éléments psychiques pré-existants et comment se répercutent-ils sur l'extérieur? Vivons-nous une régression psychique globale manifestée par des addictions multiples à des environnements pervers visant à nous immobiliser dans des comportements compulsifs profitables pour la logique économique? Femmes et hommes sont-ils égaux face aux origines et aux effets de cette crise? Sommes-nous à un point paroxystique induit par la propagande et la domination du mâle blanc pervers? Vivons-nous un colonialisme psychique? Quelle place accorder à la pression sociale? Quels opérateurs cliniques pourraient prendre en considération l’intersection des facteurs?

 

BIBLIOGRAPHIE

APA (2017). Mental health and our changing climate: impacts, implications, and guidance. Disponible en ligne: 

https://www.apa.org/news/press/releases/2017/03/mental-health-climate.pdf

Dodds, J. (2011). Psychoanalysis and Ecology at the Edge of Chaos: Complexity Theory, Deleuze,Guattari and Psychoanalysis for a Climate in Crisis. Routledge.

Hoggett, P. (2019). Climate Psychology: On Indifference to Disaster. Palgrave Macmillan.

Lerzman, R. (2015). Environmental Melancholia: Psychoanalytic dimensions of engagement. Routledge.

Magnenat, L. (ed.) (2019). La crise environnementale sur le divan. Paris: In Press. 

Poenaru, L. (2019). Déni du climat en psychanalyse. Contribution à la discussion ouverte par le livre La crise environnementale sur le divan. In Analysis, revue transdisciplinaire de psychanalyse et sciences, 3(3), 378-385.

Orange, D. (2016). Climate Crisis, Psychoanalysis and Radical Ethics. Routledge.

Searles, H. F. (1972). Unconscious process in relation to the environmental crisis. Psychoanalytic Review, 59, 361-374.

Weintrobe, S. (2012). Engaging with Climate Change. Psychoanalytic and Interdisciplinary Perspectives. Routledge.

Zimmerman, L. (2020). Trauma and the Discourse of Climate Change: Literature, Psychoanalysis and Denial. Routledge.

 

PROPAGANDE ET EFFET PSYCHOLOGIQUES

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Manuscrits: fin janvier 2021

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En sciences sociales et politiques, la propagande peut se définir comme suit : action psychologique mettant en œuvre tous les moyens d’information pour propager une doctrine, créer un mouvement d’opinion et susciter une décision (source : Centre National des Ressources Textuelles et Lexicales). La propagande cherche à convaincre plus qu’à informer. Elle est une campagne d’influence d’une personne ou d’une instance, diffusant un message à un public cible. Elle se rapporte principalement au politique, à des dynamiques de pouvoir et de contre-pouvoir. En 1967, Theodor Adorno dans Le nouvel extrémisme de droite la caractérise comme une extrême perfection de moyens rationnels servant des fins irrationnelles. Traditionnellement, la propagande se différencie ici des campagnes publicitaires et n’a pas de vocation lucrative.


Comment penser cette définition de la propagande de Th. Adorno plus de cinquante ans plus tard ? Cette nuance entre valeur marchande et enjeux politiques tient-elle toujours dans notre société actuelle, où les réseaux d’influences se complexifient ? Comme l’explicite Edward Herman et Noam Chomsky (1988) dans leur modèle de la propagande, là où la frontière entre les dynamiques de pouvoir et les enjeux économiques se confondent, sommes-nous face à une propagande qui redéfinit ses termes et ses techniques ? De plus, à quelle fin sert la propagande d’aujourd’hui ?
L’affaire « Cambridge Analytica », ayant secoué le référendum sur le Brexit et l’élection présidentielle américaine de 2016 et influencé les politiques locales dans 68 pays (Cadwalladr, 2020), peut ici être citée comme exemple. Cette société privée s’appuyait sur les « likes » des utilisateurs de la plateforme numérique Facebook pour dresser leur profil psychologique et revendre ces données à des directeurs de campagnes qui pouvaient en retour, à l’aide des services de cette société, proposer des contenus ciblés sur le fil d’actualité de ces utilisateurs. Ces derniers étaient à leur insu influencés par ces vidéos et dépêches qui apparaissaient côte à côte avec les publications de leurs proches et amis.


David Colon (2019) parle de propagande totale à l’heure des réseaux sociaux, des algorithmes, des trolls, de la guerre de la (dés)information(s) passant par l’intoxication de l’adversaire, des fake-news, du hacking d’élections présidentielles rendant obsolète toute analyse scientifique des faits observés. Une propagande dont les effets manifestes les plus inquiétants seraient la modification des comportements (Shoshana Zouboff, 2019) et la polarisation des émotions générant des likes (Giuliano da Empoli, 2019) ainsi qu’une explosion des mouvements populistes imposant des dirigeants comme Trump, Bolsonaro, Johnson, Orban, Salvini, etc.


Les études critiques (des médias notamment, en tant que principal agent de propagation) mettent l’accent sur les effets psychologiques de la propagande, notion devenue tabou dans les milieux académiques, comme le signale Zollmann (2017).
La sociologie et psychologie cognitive (Bronner, 2013 ; Lewandowsky et al., 2017) ont amorcé une réflexion sur les biais de confirmation inhérents à cette propagande nouvelle à l’ère des réseaux sociaux. Serge Tchakhotine (1952) parlait de « viol des foules » et de « viol psychologique » faisant appel à des réflexes conditionnés pavloviens soigneusement étudiés par des instituts de propagande que les gouvernements créent à partir des années ’30 et qui emploient des psychologues, des psychanalystes, des anthropologues, etc (Colon, 2019). Le « neuromarketing » actuel peut-il être considéré comme un héritier de cet usage de la science à des fins d’influence des masses ? La propagande contemporaine peut-elle être pensée sous l’angle d’un psycho-pouvoir ou d’un neuro-pouvoir, le nudging infiltrant les techniques de communication des dirigeants ?  Ceci engage à analyser sous un angle nouveau l’articulation contemporaine entre individuel, collectif et métacadre de pouvoir. En quoi la gouvernementalité (Foucault, 1978) de notre époque est-elle influencée par une nouvelle approche de la scientificité, tournée vers la prévention du risque (Beck, 2007) et le management des conduites (Curtis, 2016) ? En quoi aussi, cette société du biopolitique (Foucault, 1978) peut-elle se retourner en son envers, culture voire culte de l’ignorance (Girel, 2017) ? La propagande de notre époque, que ce numéro se propose d’explorer, implique de penser les théories du complot et autres techniques utilisées actuellement, mais aussi de s’interroger sur les instances desquelles émanent ces faits alternatifs et distorsion de l’information, où les limites du vrai et du faux, de la fiction et de la réalité semblent s’effacer.  

Theodor Adorno la pensait au service de « fantasmes de fin du monde » (1067, p. 26). Elle était pour lui avant tout affaire de psychologie de masses. Qu’en est-il aujourd’hui ?


La propagande en tant qu’agent environnemental aux influences inconscientes majeures n’a pas encore fait l’objet d’études psychanalytiques en tant que telle. Les psychanalystes, en commençant par Freud, ont toutefois informé le développement des outils de propagande. Ce dernier, à partir de ses analyses des faits sociaux, dans les ouvrages Psychologie des Foules et analyse du Moi, Malaise dans la Civilisation et Avenir d’une Illusion, pose les jalons d’une psychologie des masses et d’une psychanalyse du renoncement pulsionnel inhérent à toute œuvre civilisationnelle. Plusieurs auteurs à sa suite (Zaltzman, Janin, Kaes, Rouchy, Stenger pour ne citer qu’eux) ont mené des réflexions majeures sur les aléas du travail de civilisation selon les périodes et les cultures.


La psychanalyse a des clés précieuses pour penser, avec les sciences sociales et politiques, ce phénomène ancien qui n’a de cesse de se transmuter, pour en cerner les incidences sur le sujet, mais aussi sur les altérations réciproques de l’individuel et des formes d’organisation du collectif qui se laissent comprendre par l’analyse de ces systèmes d’influence. Avec la psychanalyse, pouvons-nous penser la propagande comme un travail de rêve ou un symptôme politique de notre groupe social mondialisé ? En quoi alors, les contours de la propagande actuelle nous renseignent sur l’état du politique et du groupe social post-moderne ?  

Ce numéro se propose de penser, toujours dans le dialogue transdisciplinaire qui nous est cher, les formes renouvelées de propagande de notre société post-moderne. Comment caractériser ces techniques d’influence actuelles ? S’agit-il d’une évolution de modes d’influence anciens ou d’une révolution technique venant bouleverser les économies individuelles ? Quels effets d’ailleurs de cette propagande renouvelée en termes de mutation des subjectivités et des positionnements subjectifs ? Comment la propagande de la haine, de la peur, de la consommation (l'autre hydre du monde contemporain) a influencé le sujet de la crise environnementale qui est aussi un sujet de la guerre économique, et de quelle manière pourrions-nous aborder, dans la clinique, ses effets inconscients conjoints aux effets des expériences précoces ?
C’est à partir de ces différents questionnements, non exhaustifs, que nous proposons d’ouvrir la réflexion sur ce phénomène de propagande contemporaine, à des fins d’analyse de l’état du socius aujourd’hui que pour dresser les contours d’une clinique de l’individu et du groupe social post-moderne.

Bibliographie
Adorno, T. (2019). Le nouvel extrémisme de droite. Climats.
Beck, U. (2007). World at risk. Polity.
Bronner, G. (2013). La démocratie des crédules. Presses universitaires de France.
Cadwalladr, C. (2020). Fresh cambridge analytica leak ‘shows global manipulation is out of control’. The Guardian.
Colon. D. (2019). Propagande. La manipulation de masse dans le monde contemporain. Paris : Belin.
Curtis, A. (2016). HyperNormalisation. UK: BBC.
Foucault, M. (1989). De la gouvernementalité: leçons d'introduction aux cours des années 1978 et 1979. Seuil.
Freud, S. (1921). Psychologie des foules et analyse du moi. Payot (2013).
Freud, S. (1927). L’avenir d’une illusion. Flammarion (2019).
Freud, S. (1930). Le malaise dans la civilisation. Points (2016).
Herman, E., Chomsky, N. (1988). La fabrication du consentement : de la propagande médiatique en démocratie. Paris : Agone (2008).
Lewandowsky, S., Ecker, U. K., & Cook, J. (2017). Beyond misinformation: Understanding and coping with the “post-truth” era. Journal of applied research in memory and cognition, 6(4), 353-369.
Girel, M. (2017). Science et territoires de l'ignorance. Éditions Quae.
Tchakhotine, S. (1952). Le viol des foules par la propagande politique. Gallimard.
Zollmann, F. (2017). Bringing Propaganda Back into News Media Studies. Critical sociology, 45 (3), p. 329-345.
Zuboff, S. (2019). The Age of Surveillance Capitalism. The Fight for a Human Future at the New Frontier of Power. Public affairs.


 

LOGIQUES CLINIQUES

 

2021_3

Manuscrits: 31_5_2021

PSYCHANA_

LYSE

À L'UNIVERSITÉ

 

2022_1

Manuscrits: 1_8_2021

RÊVES

 

2022_2

Manuscrits: 31_12_2021

FRONTIÈRES

INTER_

SUBJECTIVES

 

2022_3

Manuscrits: 1_5_2022

Consolider le positionnement de la psychanalyse au croisement des sciences.​ Promouvoir la triangulation théorique. la démonstration, la validation et la preuve. Promouvoir la méthodologie et l'épistémologie des sciences humaines et sociales. Promouvoir la conjonction des approches qualitatives et quantitatives.​ Veiller à ce que la clinique reste notre principal ancrage. Développer une perspective critique afin d'éviter le dogmatisme et la dissonance cognitive.​ Saisir la bi-directionnalité des interactions et des effets entre le monde contemporain et l'inconscient individuel.​ Être une revue [in]disciplinée.