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[les débats que nous proposons ne constituent pas l'ensemble de notre contenu; nous publions toute contribution originale susceptible d'enrichir l'articulation psychanalyse-sciences et/ou d'apporter un ancrage scientifique - par une perspective qualitative et/ou quantitative - à la psychanalyse]

 

CRISES ENVIRONNE_

MENTALES

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Manuscrits: fin septembre 2020

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour beaucoup, nous vivons une répétition de crises fondamentales inhérentes à la vie et à la nature humaine. Pour d’autres, nous vivons dans un environnement sans précédent générant des crises qui s’agglomèrent; il s’agit de crises climatiques, politiques, sociales, culturelles, etc. sur fond de modifications majeures de notre environnement en raison de pollutions, d’invasions numériques et visuelles, de fake news, de manipulations algorithmiques échappant à la logique classique d’élaboration des ordres du monde. 

Pour ce qui concerne le climat, une abondante littérature scientifique documente l’état d’une planète dont la biomasse est constituée pour environ 0.01% par des humains; cette masse vivante non significative semble être à l’origine d’une chaîne de destruction globale de la biomasse. Une longue série de rapports scientifiques décrivent un environnement chargé de phénomènes de plus en plus inquiétants et à caractère anthropocène: vitesse d’élévation du CO2 (plus rapide durant le siècle passé que pendant les 20'000 années précédentes), fonte de la banquise de l’Arctique, des glaciers et du permafrost d’Alaska et de Sibérie, élévation des températures globales, augmentation importante de l’activité cyclonique tropicale et des événements météorologiques extrêmes, espèces vivantes condamnées à disparaître, acidification des océans, pénurie d’eau, accumulation de déchets, augmentation des consommations d'année en année (voir l'exemple de l'aviation). Parmi les conséquences pour les populations notons la malnutrition, les maladies, la pauvreté, l'insécurité, etc. Le feedback positif semble représenter le pronostic le plus inquiétant de ce tableau déprimant : le réchauffement climatique s’accélère par lui-même en raison des dysfonctionnements qui s’additionnent en en produisant d’autres toujours plus importants.

La psychanalyse est prioritairement invitée à sortir de son silence et de sa neutralité pour fournir des éléments de réponse et de traitement. Il s'agirait, dans cette perspective, de trois principales pistes de travail :

  1. Analyser la crise climatique comme expression d’une configuration œdipienne ou pré-œdipienne dont les éléments infantiles et les angoisses précoces non élaborés entraînent une destruction de son propre environnement (Searles, 1972; Magnenat, 2019). Et, conjointement, envisager les préoccupations individuelles pour des catastrophes comme projection d'un état catastrophique interne non résolu.

  2. Comprendre la même crise comme effet d’un environnement qui sature l’individu d’informations et d’incitations au passage à l’acte.

  3. Questionner ce contexte à l’intersection des deux pistes qui précèdent pour proposer une voie hybride, émergeant d’éléments pré-œdipiens, œdipiens et post-œdipiens (Poenaru, 2019). Il s'agirait, dans cette perspective, plus d'une co-modification permanente  de l'interne et de l'externe (Poenaru, sous presse) débutant dans les années précoces et se poursuivant dans un présent qui ne cesse de bousculer les ordres pré-établis (culturels, sociaux, économiques, etc.).

 

Bien avant nous, en 1972, Harold F. Searles publie Unconscious process in relation to the environmental crisis (Les processus inconscients en jeu dans la crise environnementale). Il suggère à cette occasion que les psychanalystes craignent, en s’intéressant à l’environnement et au climat, d’être qualifiés de dépressifs psychotiques ou de schizophréniques paranoïdes. L’environnement réveille, dans la perspective de Searles, des angoisses précoces caractéristiques des différentes étapes de l’histoire individuelle du développement du Moi. Les défenses activées seraient en rapport avec :

            1. la problématique œdipienne et les niveaux phalliques du développement           psychosexuel ;

            2. la position dépressive (Mélanie Klein) ;

            3. la position paranoïde (Mélanie Klein).

Vue sous cet angle ambigu, l’angoisse climatique n’est aucunement relative à un environnement destructeur; elle est uniquement l’effet d’une reprise de vécus individuels précoces qui viennent se confronter à des objets externes en danger selon une dynamique pulsionnelle. « Au plus profond de nous, la globalisation indifférenciée de cette menace évoque l’immobilité pétrifiée de l’enfant chroniquement menacé de violence par ses parents (équivalents à des entités vagues et déifiées telles que la bombe à hydrogène ou le complexe-militaro industriel, d’une puissance effarante) » (Searles, In Magnenat, 2019, p. 86). Ainsi, on culpabilise l'individu et sa mémoire comme, il y a peu de temps en arrière, on culpabilisait les mères d'autistes d'avoir été insuffisamment bonnes.

Un véritable désert théorique se déploient après la publication de Searles, notamment dans la francophonie. La crise actuelle réunit récemment des psychanalystes suisses et des invités de diverses disciplines pour un travail collectif intitulé La crise environnementale sur le divan (In Press, 2019). Luc Magnenat, initiateur du projet, nomme la résistance qui entoure une démarche qui nous confronte « à ce qui nous angoisse le plus et dont nous ne voulons rien savoir : notre enfermement dans un fonctionnement inconscient qui nous dirige à notre insu, ainsi que notre détresse de nous découvrir enfermés dans un environnement qui se détériore en conséquence de notre propre activité" (p. 24). Cette réflexion collective, en apportant une multitude de réponses issues des théorisations psychanalytiques classiques, échoue à prendre en considération la troisième voie qui nous intéresse: la bidirectionnalité des facteurs et des effets internes (précoces) et externes. Tout en nommant un ensemble de facteurs externes, l’ouvrage ne fait qu’appliquer des mythologies psychanalytiques à un environnement sans précédent qui, certes, nous angoisse selon nos lignes de défense et, parallèlement, entraine des co-modifications qui ne répondent pas toujours aux constructions théoriques prélables. Voire même, comme en politique, croire que l'évolution tient au débat public uniquement (hors manipulations algorithmiques sur le modèle de Cambridge Analytica), nous met dans une position inadaptée à la réalité du contexte et induit un retard dans la compréhension.

De notre point de vue, les angoisses pré-œdipiennes et œdipiennes bien connues présentent le risque d’être obsolètes et ne suffisent pas pour expliquer les nouvelles crises en lien avec l’environnement. L’American Psychological Association (APA, 2017) publie un rapport détaillant les effets des changements climatiques: stress, stress post-traumatique, dépression, anxiété, abus de substance, troubles du sommeil, suppression immunitaire, troubles digestifs, etc. Il est difficile d’affirmer que les évolutions épidémiologiques sont dues uniquement à des réactivations d’angoisses précoces.

Comment travailler, collectivement, mais aussi individuellement dans les cures, ce refus de considérer le déterminisme de nos conduites par les processus inconscients à l’heure où l’on sait combien nous sommes vulnérables au pilotage de nos appétits de consommation par l’intelligence artificielle (voir notre numéro 2/2019 Inconscient digital) ? Que faire en clinique du lien entre réalité externe et réalité interne ? L’état de mélancolie hypomane de la planète met-elle la jeunesse en état de choc et rend-il le futur inimaginable ? Les jeunes vivent-ils un sentiment de trahison de la part des parents induisant une rupture de la chaîne des générations ? Y a-t-il une confusion transgénérationnelle (des enfants plus lucides que leurs aînés) ? La crise climatique et les angoisses archaïques qu’elle véhicule vont-t-elles faire régresser loin la culture et pousser au crime de haine agi contre tout autre différent (xénophobie, homophobie, féminicide, identification au leader, haine de la démocratie, etc.) ?

La psychanalyse dispose déjà d'un ensemble d'outils théoriques incontournables permettant une compréhension du rapport pulsionnel à l'environnement: suffisamment bon ou générant une crainte de l'effondrement (Winnicott), la négation (Freud), l'échec de la pulsion K (Knowledge) de Bion, le travail du négatif et la destructivité (Green), etc. Ces outils nécessitent toutefois une adaptation aux données contemporaines de l'environnement du sujet.

Au-delà du champ strictement psychanalytique, de quelle manière d'autres scientifiques traitent-ils de l'articulation de la crise environnementale avec le sujet et de quelles manières peuvent-ils éclairer les psychanalystes? Quels effets les scientifiques ont-ils observés ? Quels outils de compréhension peut-on apporter dans cette articulation ? Comment cette crise peut-elle être qualifiée d'apocalyptique ? Comment s'est-elle manifesté au fil de l'histoire et à travers les cultures? Rappelons qu'à l'époque du Moyen-Âge où la peste profilait, la population pensait assister à la fin de l'humanité, et que les Maya ont déterminé la fin du monde pour le 21 décembre 2012. Comment ces crises ont-elles été traitées ? Quelle est la place de la crise environnementale à l'heure actuelle et quelles solutions peut-on trouver pour répondre aux mouvements observés ?

Nous invitons la communauté psychanalytique et scientifique à une réflexion pluridimensionnelle, pluridisciplinaire et pluridirectionnelle sur les effets inconscients des crises environnementales à l’intersection de facteurs internes et externes. Nous défendons donc la thèse centrale d'une co-modification permanente et accélérée du pulsionnel et de l'environnement, dont les particularités et les dynamiques restent à définir. Plusieurs autres questions nous préoccupent. Comment aborder la destructivité climatique en séance sans s’exposer à une rupture thérapeutique? La psychanalyse est-elle impuissante face à la crise? Comment le nouvel environnement excite des éléments psychiques pré-existants et comment se répercutent-ils sur l'extérieur? Vivons-nous une régression psychique globale manifestée par des addictions multiples à des environnements pervers visant à nous immobiliser dans des comportements compulsifs profitables pour la logique économique? Femmes et hommes sont-ils égaux face aux origines et aux effets de cette crise? Sommes-nous à un point paroxystique induit par la propagande et la domination du mâle blanc pervers? Vivons-nous un colonialisme psychique? Quelle place accorder à la pression sociale? Quels opérateurs cliniques pourraient prendre en considération l’intersection des facteurs?

 

BIBLIOGRAPHIE

APA (2017). Mental health and our changing climate: impacts, implications, and guidance. Disponible en ligne: 

https://www.apa.org/news/press/releases/2017/03/mental-health-climate.pdf

Dodds, J. (2011). Psychoanalysis and Ecology at the Edge of Chaos: Complexity Theory, Deleuze,Guattari and Psychoanalysis for a Climate in Crisis. Routledge.

Hoggett, P. (2019). Climate Psychology: On Indifference to Disaster. Palgrave Macmillan.

Lerzman, R. (2015). Environmental Melancholia: Psychoanalytic dimensions of engagement. Routledge.

Magnenat, L. (ed.) (2019). La crise environnementale sur le divan. Paris: In Press. 

Poenaru, L. (2019). Déni du climat en psychanalyse. Contribution à la discussion ouverte par le livre La crise environnementale sur le divan. In Analysis, revue transdisciplinaire de psychanalyse et sciences, 3(3), 378-385.

Orange, D. (2016). Climate Crisis, Psychoanalysis and Radical Ethics. Routledge.

Searles, H. F. (1972). Unconscious process in relation to the environmental crisis. Psychoanalytic Review, 59, 361-374.

Weintrobe, S. (2012). Engaging with Climate Change. Psychoanalytic and Interdisciplinary Perspectives. Routledge.

Zimmerman, L. (2020). Trauma and the Discourse of Climate Change: Literature, Psychoanalysis and Denial. Routledge.

 

PROPAGANDE ET EFFET PSYCHOLOGIQUES

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Manuscrits: fin février 2021

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En sciences sociales et politiques, la propagande peut se définir comme suit : action psychologique mettant en œuvre tous les moyens d’information pour propager une doctrine, créer un mouvement d’opinion et susciter une décision (source : Centre National des Ressources Textuelles et Lexicales). La propagande cherche à convaincre plus qu’à informer. Elle est une campagne d’influence d’une personne ou d’une instance, diffusant un message à un public cible. Elle se rapporte principalement au politique, à des dynamiques de pouvoir et de contre-pouvoir. En 1967, Theodor Adorno dans Le nouvel extrémisme de droite la caractérise comme une extrême perfection de moyens rationnels servant des fins irrationnelles. Traditionnellement, la propagande se différencie ici des campagnes publicitaires et n’a pas de vocation lucrative.


Comment penser cette définition de la propagande de Th. Adorno plus de cinquante ans plus tard ? Cette nuance entre valeur marchande et enjeux politiques tient-elle toujours dans notre société actuelle, où les réseaux d’influences se complexifient ? Comme l’explicite Edward Herman et Noam Chomsky (1988) dans leur modèle de la propagande, là où la frontière entre les dynamiques de pouvoir et les enjeux économiques se confondent, sommes-nous face à une propagande qui redéfinit ses termes et ses techniques ? De plus, à quelle fin sert la propagande d’aujourd’hui ?
L’affaire « Cambridge Analytica », ayant secoué le référendum sur le Brexit et l’élection présidentielle américaine de 2016 et influencé les politiques locales dans 68 pays (Cadwalladr, 2020), peut ici être citée comme exemple. Cette société privée s’appuyait sur les « likes » des utilisateurs de la plateforme numérique Facebook pour dresser leur profil psychologique et revendre ces données à des directeurs de campagnes qui pouvaient en retour, à l’aide des services de cette société, proposer des contenus ciblés sur le fil d’actualité de ces utilisateurs. Ces derniers étaient à leur insu influencés par ces vidéos et dépêches qui apparaissaient côte à côte avec les publications de leurs proches et amis.


David Colon (2019) parle de propagande totale à l’heure des réseaux sociaux, des algorithmes, des trolls, de la guerre de la (dés)information(s) passant par l’intoxication de l’adversaire, des fake-news, du hacking d’élections présidentielles rendant obsolète toute analyse scientifique des faits observés. Une propagande dont les effets manifestes les plus inquiétants seraient la modification des comportements (Shoshana Zouboff, 2019) et la polarisation des émotions générant des likes (Giuliano da Empoli, 2019) ainsi qu’une explosion des mouvements populistes imposant des dirigeants comme Trump, Bolsonaro, Johnson, Orban, Salvini, etc.


Les études critiques (des médias notamment, en tant que principal agent de propagation) mettent l’accent sur les effets psychologiques de la propagande, notion devenue tabou dans les milieux académiques, comme le signale Zollmann (2017).
La sociologie et psychologie cognitive (Bronner, 2013 ; Lewandowsky et al., 2017) ont amorcé une réflexion sur les biais de confirmation inhérents à cette propagande nouvelle à l’ère des réseaux sociaux. Serge Tchakhotine (1952) parlait de « viol des foules » et de « viol psychologique » faisant appel à des réflexes conditionnés pavloviens soigneusement étudiés par des instituts de propagande que les gouvernements créent à partir des années ’30 et qui emploient des psychologues, des psychanalystes, des anthropologues, etc (Colon, 2019). Le « neuromarketing » actuel peut-il être considéré comme un héritier de cet usage de la science à des fins d’influence des masses ? La propagande contemporaine peut-elle être pensée sous l’angle d’un psycho-pouvoir ou d’un neuro-pouvoir, le nudging infiltrant les techniques de communication des dirigeants ?  Ceci engage à analyser sous un angle nouveau l’articulation contemporaine entre individuel, collectif et métacadre de pouvoir. En quoi la gouvernementalité (Foucault, 1978) de notre époque est-elle influencée par une nouvelle approche de la scientificité, tournée vers la prévention du risque (Beck, 2007) et le management des conduites (Curtis, 2016) ? En quoi aussi, cette société du biopolitique (Foucault, 1978) peut-elle se retourner en son envers, culture voire culte de l’ignorance (Girel, 2017) ? La propagande de notre époque, que ce numéro se propose d’explorer, implique de penser les théories du complot et autres techniques utilisées actuellement, mais aussi de s’interroger sur les instances desquelles émanent ces faits alternatifs et distorsion de l’information, où les limites du vrai et du faux, de la fiction et de la réalité semblent s’effacer.  

Theodor Adorno la pensait au service de « fantasmes de fin du monde » (1067, p. 26). Elle était pour lui avant tout affaire de psychologie de masses. Qu’en est-il aujourd’hui ?


La propagande en tant qu’agent environnemental aux influences inconscientes majeures n’a pas encore fait l’objet d’études psychanalytiques en tant que telle. Les psychanalystes, en commençant par Freud, ont toutefois informé le développement des outils de propagande. Ce dernier, à partir de ses analyses des faits sociaux, dans les ouvrages Psychologie des Foules et analyse du Moi, Malaise dans la Civilisation et Avenir d’une Illusion, pose les jalons d’une psychologie des masses et d’une psychanalyse du renoncement pulsionnel inhérent à toute œuvre civilisationnelle. Plusieurs auteurs à sa suite (Zaltzman, Janin, Kaes, Rouchy, Stenger pour ne citer qu’eux) ont mené des réflexions majeures sur les aléas du travail de civilisation selon les périodes et les cultures.


La psychanalyse a des clés précieuses pour penser, avec les sciences sociales et politiques, ce phénomène ancien qui n’a de cesse de se transmuter, pour en cerner les incidences sur le sujet, mais aussi sur les altérations réciproques de l’individuel et des formes d’organisation du collectif qui se laissent comprendre par l’analyse de ces systèmes d’influence. Avec la psychanalyse, pouvons-nous penser la propagande comme un travail de rêve ou un symptôme politique de notre groupe social mondialisé ? En quoi alors, les contours de la propagande actuelle nous renseignent sur l’état du politique et du groupe social post-moderne ?  

Ce numéro se propose de penser, toujours dans le dialogue transdisciplinaire qui nous est cher, les formes renouvelées de propagande de notre société post-moderne. Comment caractériser ces techniques d’influence actuelles ? S’agit-il d’une évolution de modes d’influence anciens ou d’une révolution technique venant bouleverser les économies individuelles ? Quels effets d’ailleurs de cette propagande renouvelée en termes de mutation des subjectivités et des positionnements subjectifs ? Comment la propagande de la haine, de la peur, de la consommation (l'autre hydre du monde contemporain) a influencé le sujet de la crise environnementale qui est aussi un sujet de la guerre économique, et de quelle manière pourrions-nous aborder, dans la clinique, ses effets inconscients conjoints aux effets des expériences précoces ?
C’est à partir de ces différents questionnements, non exhaustifs, que nous proposons d’ouvrir la réflexion sur ce phénomène de propagande contemporaine, à des fins d’analyse de l’état du socius aujourd’hui que pour dresser les contours d’une clinique de l’individu et du groupe social post-moderne.

Bibliographie
Adorno, T. (2019). Le nouvel extrémisme de droite. Climats.
Beck, U. (2007). World at risk. Polity.
Bronner, G. (2013). La démocratie des crédules. Presses universitaires de France.
Cadwalladr, C. (2020). Fresh cambridge analytica leak ‘shows global manipulation is out of control’. The Guardian.
Colon. D. (2019). Propagande. La manipulation de masse dans le monde contemporain. Paris : Belin.
Curtis, A. (2016). HyperNormalisation. UK: BBC.
Foucault, M. (1989). De la gouvernementalité: leçons d'introduction aux cours des années 1978 et 1979. Seuil.
Freud, S. (1921). Psychologie des foules et analyse du moi. Payot (2013).
Freud, S. (1927). L’avenir d’une illusion. Flammarion (2019).
Freud, S. (1930). Le malaise dans la civilisation. Points (2016).
Herman, E., Chomsky, N. (1988). La fabrication du consentement : de la propagande médiatique en démocratie. Paris : Agone (2008).
Lewandowsky, S., Ecker, U. K., & Cook, J. (2017). Beyond misinformation: Understanding and coping with the “post-truth” era. Journal of applied research in memory and cognition, 6(4), 353-369.
Girel, M. (2017). Science et territoires de l'ignorance. Éditions Quae.
Tchakhotine, S. (1952). Le viol des foules par la propagande politique. Gallimard.
Zollmann, F. (2017). Bringing Propaganda Back into News Media Studies. Critical sociology, 45 (3), p. 329-345.
Zuboff, S. (2019). The Age of Surveillance Capitalism. The Fight for a Human Future at the New Frontier of Power. Public affairs.


 

INCERTITUDES

 

PSYCHANA_

LYSE

À L'UNIVERSITÉ

ANTI-ŒDIPE?

 

LOGIQUES CLINIQUES

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Manuscrits: fin avril 2021

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




 
Le raisonnement psychanalytique – en tant que langage et argumentation respectant certaines règles formelles – n’a pas fait l’objet d’études approfondies, autorisant sa traduction en propositions logiques. Électivement fondé sur l’interprétation du singulier – bien qu’il se déploie selon diverses formes (diagnostic, étiologie, métapsychologie) – le raisonnement en question semble se distinguer d’autres types de logique (formelle, expérimentale). C’est la raison pour laquelle une partie des psychanalystes se réclame d’une épistémologie extraterritoriale, émancipée de toute démarche scientifique. L’extraterritorialité épistémologique de la psychanalyse pose néanmoins de multiples problèmes théoriques et cliniques, obligeant à ce que l’on questionne les traits communs et/ou différentiels – en termes de procédures logiques – entre clinique, recherche, médecine, sciences humaines et sociales, sciences expérimentales, etc.



L’adjectif « clinique », quant à lui, est aujourd’hui utilisé en divers sens, au point que sa définition est de moins en moins claire. Qu’y a-t-il de commun, par exemple, entre l’approche en psychologie dite « clinique » (Lagache, 1947 ; Prévost, 2003) et celle de la psychologie cognitivo-expérimentale, se réclamant toutes deux d’une forme de « clinicité » (McFall, 1991) ? Mais plus encore, qu’y a-t-il de commun entre ces différentes psychologies « cliniques » et la méthode « clinique » en sciences humaines (Revault d’Allonne et al., 1989) ou, de façon plus large encore, la « pensée clinique » – au sens d’une pensée « par cas », indexée aux singularités (Passeron et Revel, 2005 ; Lacour, 2006, 2020) ?



Dans le champ du soin, enjeu majeur pour les sociétés contemporaines, une épistémologie de la pensée « clinique » s’est ainsi progressivement instituée pour redistribuer et différencier les problèmes et logiques en jeu. Mais si une telle démarche réflexive a clairement lieu en médecine somatique (Fagot-Largeault, 2010 ; Giroud, 2011 ; Basso, 2014 ; Lefève, Mino & Zaccaï-Reyners, 2016 ; Lemoine, 2017), en psychiatrie (Lantéri-Laura, 1991 ; Demazeux, 2013 ; Berrios, 2019) ou en psychologie (Danziger, 1990, 1997), les travaux sont plus rares en psychanalyse (Laplanche, 1987 ; Widlöcher, 1996 ; Green, 2002 ; Arminjon, 2013 ; Poenaru, 2018 ; Visentini, 2019). C’est pourquoi ce numéro se propose de questionner les multiples logiques cliniques du champ du soin, dans une perspective comparative et critique.



Traditionnellement, en médecine – depuis Claude Bernard –, « clinique » s’oppose à « expérimental ». Au tournant des XVIIIe et XIXe siècles, la médecine est d’abord « clinique », se fondant sur l’observation de cas « au chevet des patients », les décrivant, les typologisant, puis montant en généralité. Au XIXe, une médecine « expérimentale » s’ajoute à la première, se proposant de prioriser les signes objectifs des maladies, par rapports aux ressentis symptomatiques (Canguilhem, 1988). Bernard pose ainsi, dans son Introduction à la médecine expérimentale :

 « Le sujet d’étude du médecin est nécessairement le malade, et son premier champ d’observation est par conséquent l’hôpital. Mais si l’observation clinique peut lui apprendre à connaître la forme et la marche des maladies, elle est insuffisante pour lui en faire comprendre la nature ; il lui faut pour cela pénétrer dans l’intime du corps et chercher quelles sont les parties internes qui sont lésées dans leurs fonctions. C’est pourquoi on joignit bientôt à l’observation clinique des maladies leur étude nécropsique et les dissections cadavériques. Mais aujourd’hui, ces divers moyens ne suffisent plus ; il faut pousser plus loin l’investigation et analyser sur le vivant les phénomènes élémentaires des corps organisés [...], les conditions physico-chimiques qui entrent comme éléments nécessaires des manifestations vitales, normales et pathologiques » (Bernard, 1865/2013, p. 199).

 Une telle re-hiérarchisation des valeurs, qui n’est pas sans lien avec les valeurs nouvelles véhiculées par la société industrielle, conduit de fait à un affaiblissement de la figure traditionnelle du clinicien ainsi que de celle du patient, et à la montée en puissance des protocoles de laboratoire et de la méthode quantitative, qui remodèle, non sans controverses, la médecine (Latour, 1984 ; Demazeux, 2019). Mais les résultats sont là. La médecine – c’est-à-dire la clinique médicale – n’a jamais mieux soigné que depuis qu’elle bénéficie des apports de la recherche expérimentale.



Aujourd’hui, par continuation de ce mouvement historique indexé à l’efficacité, l’opposition traditionnelle tend même à être dépassée, au-delà des imaginaires conservateurs respectifs. La pensée clinique se doit d’intégrer autant que possible la pensée expérimentale. Le paradigme de la médecine dite « translationnelle » promu depuis les années 2000 par les institutions publiques de soin en atteste (Ogilvie, Craig, Griffin et al., 2009 ; Weisz & Bearman, 2014). Cette nouvelle façon de penser en médecine, se donnant un continuum de pensée « de la paillasse au chevet des patients » (bench-to-bedside; Woolf, 2008), a pour objectif d’implémenter la logique expérimentale au cœur de la traditionnelle relation au patient. D’une recherche orientée par la clinique, en médecine, a progressivement été privilégiée une clinique orientée par la recherche.



Dans le champ psychologique qui nous intéresse plus particulièrement, un mouvement semblable a lieu, différemment. De Lightmer Witmer à Lagache, en passant par Freud, une psychologie alors dite « clinique », s’élaborant sur le terrain de la rencontre avec les patients, s’est distinguée de la plus ancienne psychologie de laboratoire (Prévost, 1973 ; Forrester, 1996). Une de ses définitions les plus explicites se trouve dans le manifeste accompagnant le premier numéro de la Revue de psychologie clinique et thérapeutique (créée par Hartenberg et Valentin). Le terme renvoie alors à une psychologie « se distingu[ant] nettement de la psychologie expérimentale » (Prévost, 2003, p. 23) :

 « La psychologie expérimentale isole et dissocie les éléments de la vie psychique. Elle suscite dans des conditions prévues d’avance, les phénomènes de sensation, de volition, d’idéation qu’elle note et qu’elle mesure à l’aide du calcul et des instruments enregistreurs. Elle conduit à des moyennes d’autant plus satisfaisantes qu’elles sont plus abstraites et plus générales. C’est pour ainsi dire la mathématique de la psychologie […]. La psychologie clinique, au contraire, tout en puisant dans les recherches de laboratoire de précieux renseignements, observe la vie psychologique elle-même, considérée comme un tout concret et réel. Réunissant dans une vue d’ensemble les réactions naturelles et spontanées du sujet, en présence des excitations de tout genre, elle en constitue un tableau synthétique, à dominante variable, qui exprime son tempérament et porte la marque de son caractère. Par les influences combinées de l’hérédité et du milieu, elle poursuit le développement normal et pathologique de la personnalité, la tâche n’est pas de schématiser mais d’individualiser. » (ibid., p. 23-24)

. Jusque dans les années 1980 – et malgré certaines tentatives (Raimy, 1950 ; Frank, 1984 ; Baker & Benjamin, 2000) – l’observation et l’écoute, les raisonnements typologiques basés sur des cas singuliers, ont prévalu dans la recherche et la pratique. Avec la montée en puissance de l’evidence based medicine, dans les années 1990 (Eddy, 1990 ; Guyatt, 1992) et l’exigence afférente d’empirically supported therapies (Chambless & Hollon, 1998), la démarche expérimentale a cependant formulé l’objectif de restructurer la pensée clinique classique sur le modèle de la médecine – par exemple en protocolisant et « manualisant » les psychothérapies (Beck & Emery, 1977 ; Rosner, 2018) et en cherchant en tous cas des leviers opératoires génériques (et non plus au cas par cas).



Depuis les années 1990-2000, aux Etats-Unis, les différents courants de psychologie d’esprit expérimental (cognitive, comportementale, développementale, neuropsychologie) revendiquent à ce titre une « clinicité » plus scientifiquement légitime que celle de la traditionnelle psychologie clinique ou celle de la psychanalyse : le récent projet Delaware est un exemple fort en ce sens (Shoham, Rohrbaugh & Onken, 2014). Promu par le National Institute of Mental Health aux Etats-Unis, celui-ci redéfinit entièrement ce qu’« être psychologue » veut dire, à savoir être un clinicien que « leur formation scientifique […] aidera à façonner de meilleurs résultats » (Shoham, Rohrbaugh & Onken, 2013, p. 16), doublé d’un « gestionnaire de soin (care manager).



L'article de Gregory Simon et Evette Ludman It’s time for disruptive innovation in psychotherapy est à ce titre éclairant et illustre la « nouvelle silhouette de l’humain » esquissé par le naturalisme scientifique (Andler, 2016). Paru en 2009 dans The Lancet, une des plus prestigieuses revues médicales internationales, il acte la redéfinition en cours du statut de psychologue « clinicien », sommé d’utiliser – au nom de l’efficacité clinique – tous les outils techniques d’aide à la décision et d’assistance par ordinateur disponibles :

 « [L]e succès d’actions téléphoniques informatisées, basées sur Internet – comme des centres d’appel cognitivo-comportementaux proposant des chats en direct de l’étranger, disponibles aussitôt que les patients le souhaitent – horrifierait beaucoup de thérapeutes traditionnels… Mais les attentes des thérapeutes ne coïncident pas avec ce que les faits avérés [evidence] nous permettent d’anticiper. Et ceux-ci parlent plutôt de bénéfices cliniques et économiques pour les patients, plutôt que de ce que préfèrent pratiquer les thérapeutes » (Simon & Ludman, 2009, p. 595).

 En France plus particulièrement, avec le rapport de l’Inserm puis les successions de « recommandations de bonnes pratiques » (RBP) de la HAS au travers de différents rapports, une même tendance est à l’œuvre depuis une quinzaine d’année : amener la pensée et la pratique cliniques à se soumettre à des logiques et des procédures protocolisées ayant fait leurs preuves au laboratoire, au nom de l’efficacité (Leichsenring & Steinert, 2019 ; Woll & Schönbrodt, 2020 ; Gonon & Keller, 2020 ; Visentini, 2020 ; Rabeyron, 2021), bien que la valeur ajoutée d’une telle expérimentalisation de la pensée clinique demeure incertaine (Visentini, 2021).



La psychanalyse est dès lors prise entre - ou appelée à considérer - deux pôles d'exigence : celui de respecter le dispositif de la conversation ordinaire (« Gesprach », selon le mot de Freud) par où elle élabore outils scientifiques qui sont les siens (du côté des sciences humaines, donc) ; et celui de souscrire aux impératifs de bonnes pratiques, qui promeuvent, pour chaque soin donné, ceux qui ont été expérimentalement testés les meilleurs. Il lui faut donc à la fois réfléchir à son épistémologie propre, à la logique clinique qu’elle promeut (raisonnement abductif, démarche comparative, polyfactorialité étiologique, logique de l’après-coup, holisme, mise en avant de l’unicité psychique – et de ses liens aux montées en généralité –, feuilletage de ses objets, analyse des mécanismes de transfert et contre-transfert, etc.), en retraduire les fondamentaux sur la scène du débat éthique et scientifique, et – dans un deuxième temps – les soumettre à évaluation externe comparative.



La discussion est ouverte : les logiques expérimentales et formelles sont-elles électivement pertinentes dans le champ du soin (en médecine comme en psychologie), ou d’autres logiques de pensée ont-elles leur place, en rapport plus intime avec les terrains « naturels » (et non artificiels) de la pratique ? Peut-on admettre, en psychanalyse, la thèse d'une nécessaire « hybridation logique » (Poenaru, 2018) ? Qu’existe-t-il, en psychologie plus particulièrement, comme logiques de pensée alternatives aux différentes protocolisations de laboratoire ? Comment les caractériser différentiellement ? Quelle place accorder aux unes et aux autres ? Quelles analogies et métaphores sont pertinentes pour penser la vie psychique, et lesquelles rencontrent des limites ?



Nous privilégions au sein de ce numéro : des contributions en épistémologie de la médecine, de la psychologie et de la psychanalyse, de préférence élaborées selon une démarche comparative, et mobilisant l’interdisciplinarité ; des contributions méthodologiques (quelles possibilités de recherche pour chacune de ces disciplines du champ du soin ?) ; et des contributions problématiques, qui questionnent à leurs limites les concepts pour en déterminer la complexité et les tensions internes, notamment à partir d’exemples issus de la pratique dans le domaine clinique.




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